Un guide de haute montagne

Réflexion imagée autour de la posture d’accompagnement – coach, thérapeute, leader, et toute personne qui souhaite mettre sa sagesse et son expérience au service d’une autre.


# accompagnement # chemin # défi # potentiel # soutien # estime de soi # effet pygmalion # énaction



Il n’est possible d’accompagner une personne et de lui être d’un réel secours que si on a soi-même traversé des épreuves similaires, arpenté ses peurs et pansé ses plaies. C’est encore mieux si on est passé par là de nombreuses fois et acquis une aisance et une souplesse propres à guider celui ou celle qui découvre ces falaises escarpées.


Nul guide de haute montagne ne montre le chemin à suivre en faisant des signes depuis le sommet. Si vous êtes vous-même au pied de la montagne ou que vous êtes en mauvaise posture, coincé dans une crevasse, il ne vous sera d’aucune utilité.

Un guide marche devant, ouvre le chemin, le pas sûr et confiant de sa propre expérience du sentier parcouru maintes et maintes fois. Humble face aux difficultés nouvelles qu’il sait pouvoir survenir ; sa sérénité cependant rassure et il est toujours proche de celles et ceux qu’il s’est engagé à mené à bon port.

Il n’est pas nécessaire d’avoir vécu les mêmes expériences pour les comprendre. Le guide de haute montagne n’a peut-être jamais encore grimpé cette montagne-ci, mais il en a gravi mille autres. Vous ne mettrez peut-être pas vos pieds à l’endroit exact des empreintes du guide, mais vous l’observerez, vous inspirerez de ses gestes, écouterez ses conseils parfois, ses anecdotes aussi.

Et vous placerez vos pieds là où vous choisirez de le faire, là où vous pourrez le faire, en faisant deux pas lorsque le guide n’en fait qu’un, en vous appuyant sur une branche lorsque le guide fait un bond ou en ayant des courbatures après une heure alors que le guide n’en ressentira aucune. Peut-être au début en tous cas.


Peu importe, le guide s’adapte à votre rythme et à votre condition, ne juge pas votre peine et vos efforts parfois laborieux, écoute vos plaintes et compatis à la douleur ressentie. Mais il vous met au défi aussi, vous pousse dans vos retranchements, vous confronte quand il voit votre obstination à faire à votre façon même si ça vous met en risque, et vous oblige à regarder en bas pour observer votre peur. Il verra par ailleurs chaque occasion de vous dire combien vous progressez, de souligner chaque fois que vous faites un choix adapté, chaque fois que votre pas se fait plus sûr et quand il sent que bientôt, maintenant, ça y est, vous n’avez plus besoin de lui.


Accompagner une personne sur le chemin escarpé qui mène à la découverte de sa version la plus authentique, c’est faire un peu tout ça, simultanément, alternativement, progressivement.


S’engager sur le chemin escarpé qui mène à la découverte de son Soi le plus juste, au travers d'une épreuve qui se présente dans sa vie personnelle ou professionnelle, et choisir d’être accompagné :

  • c’est sentir qu’on a besoin d’une aide à ce moment-là, précisément, pour passer ce cap, reconnaître que c’est plus facile quand on n’est pas seul.

  • c’est choisir son guide et s’ouvrir suffisamment pour nourrir une relation de confiance,

  • c’est accepter d’être bousculé, chahuté - parfois un peu porté aussi,

  • mais c’est aussi découvrir la puissance du regard de celui qui croit profondément en vous, redécouvrir sa capacité à faire, à se dépasser, apprendre à fonctionner autrement et gagner en liberté.

La difficulté et la beauté de ce chemin vous amènent enfin à vous retourner, une fois arrivé, pour regarder avec fierté le chemin parcouru et planter le drapeau de la nouvelle personne, plus authentique, que vous êtes devenu après avoir surmonté, remporté, cette épreuve.


Il y a une vue imprenable là-haut…

“ Au-dessus des nuages, il ne pleut jamais ”


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